Le groupe MoDem s’est abstenu sur le budget de Clamart


mairieVoici la déclaration que j’ai faite en tant que président du groupe Modem au conseil municipal du 27 janvier en explication de ce vote. Vous pouvez la retrouver ainsi que celle de Francis Pian sur le site du Modem de Clamart: www.modem-clamart.com

Mes Chers collègues :

Le contexte national et international met les collectivités sous tension, on notera :

-       Les incertitudes sur la taxe professionnelle

-       La baisse des dotations de l’Etat

-       La crise économique

Ce contexte est naturellement une contrainte forte pour les collectivités. Il s’agit de piloter l’action au plus près des besoins de la population.

Mais aussi il faut aussi préparer l’avenir, c’est la marque de fabrique du MoDem. Nous en sommes comptables pour les générations futures.

Pour nous, préparer l’avenir c’est faire face à l’extraordinaire évolution démographique, ce que les sociologues appellent la séniorisation de la société, qui va petit à petit modifier les besoins et surtout en créer des nouveaux.

Le deuxième défi est de changer radicalement notre modèle de développement. Oui je dis bien développement qui doit se traduire par de la croissance sinon il n’y aura pas de richesses produites et donc de richesses à partager.

Mais ce modèle doit évidemment tourner le dos à la société de concentration et d’accumulation, il doit prendre en compte l’avenir, le notre comme celui de nos enfants, il doit devenir celui d’un développement durable et responsable que nous appelons soutenable.

C’est dans cet esprit que nous apprécierons ce budget et dans cet esprit seulement.

Concernant les investissements :

Nous voyons enfin qu’un réel effort a été fait en faveur des économies d’énergie. Sur ce point on peut dire que votre budget est en rupture.

Cela est vrai aussi pour le réel effort (on peut dire enfin) sur l’accessibilité, sujet à lui seul qui mériterait un débat pour cerner les priorité et programmer les travaux l’échéance arrivant à grand pas. Nous savons que nous ne pourrons pas tout faire, tout de suite, ceux qui le proposent, ne savent pas de quoi ils parlent

Préparer l’avenir c’est aussi donner les meilleures conditions pour s’instruire, l’école du Jardin Parisien et le lancement de l’opération du campus de Trivaux en sont aussi la marque. Je l’avais d’ailleurs proposé dans mon programme municipal.

Nous avons une très forte interrogation sur le bas Clamart quartier gare sur l’évolution de la démographie scolaire et les conséquences sur l’entassement des élèves. Sans faire de fixation excessive sur telle ou telle opération, il est évident que les nouvelles opérations accroissent la pression. Et que cela ne passera pas. Nous demandons plus de transparence sur ce point et donc une étude sérieuse et partagée.

Je relève la faiblesse des investissements vers la voirie, attention à la boule qui s’accumule. Certes le développement du trafic automobile n’est pas une priorité mais pas au prix de la sécurité surtout après les rigueurs de l’hiver. Il faudra corriger. Toutefois la réfection de la place Ferrari y participe, l’année prochaine il faudra sans aucun doute réinvestir car l’entretien de la voirie participe au cadre de vie.

Côté recette, nous constatons que la dette est maîtrisée, j’aurai mauvaise grâce à ne pas le dire après vous avoir longtemps alerté sur ce point. Je ne saurais dire si cet état est conjoncturel ou structurel car le plan d’investissement reste ambitieux sur l’ensemble du mandat mais il m’apparaît que c’est encore là que nous avons des marges de manœuvre et que préparer l’avenir c’est évidemment investir, innover. Le rythme des investissements est donc nécessaire.

Côté fonctionnement, Francis Pian c’est déjà beaucoup exprimé. Je voudrais revenir sur un point qui me tient à cœur concernant le personnel : il est indispensable de sécuriser les conditions de travail pour permettre en toute sérénité la délivrance du service public que les clamartois sont en droit d’attendre.

Concernant le personnel nous devons avoir une vision qualitative plus que quantitative : Préparer les personnels aux mutations de leur métier pour leur épanouissement et surtout pour garantir la qualité des services publics rendus à la population dans l’intérêt général.

J’ai souligné que l’investissement était en progrès, il faut maintenant quantifier dans le temps les économies que ces investissements autorisent il en va du pilotage des priorités.

Concernant, Sud de Seine, la lisibilité et l’interférence sur notre périmètre communal sont aussi un élément clé. Il nous faut à ce sujet plus de préparation ou plus de transparence sur vos intentions. Eclairage public oui ou non, voirie oui ou non, équipements sportifs oui ou non. Cette incertitude pèse sur nos décisions alors qu’elle devrait les éclairer. Notre conseil municipal doit être plus associé à ces choix qui semble lui tomber sur la tête de l’extérieur alors qu’en réalité c’est nous qui transférons, c’est nous qui déléguons.

L’intercommunalité est une des solutions à la tension budgétaire, à condition de lui donner les compétences à défaut du périmètre étroit qui est le sien.

Il convient à cet égard de nous assurer du point suivant :

Le développement des transports collectifs est une priorité indispensable pour permettre aux clamartois de se déplacer sans avoir la contrainte d’utiliser leur véhicule individuel. Les facteurs clés de succès tiennent principalement au temps de transport, à la fréquence et à la régularité du service, beaucoup plus qu’à la gratuité. Le passage à des horaires cadencés déjà en œuvre depuis plusieurs mois pour le transi lien desservant la gare de Clamart, les futures améliorations de la desserte du 189 ou l’arrivée prochaine du tramway changent profondément la donne et ouvrent de nombreuses opportunités. La Région devrait être plus attentive et accompagner de telles améliorations.

Par ailleurs, l’implantation d’équipements structurants au service de toute la ville dans des quartiers plus excentrés (Piscine, Stade de la Plaine) peut être une bonne chose si leur accessibilité est renforcée. Il parait donc indispensable de retravailler la desserte des quartiers qui ne peuvent pas être tenus à l’écart de ces améliorations du réseau de transport (train, tram et bus) comme des nouveaux équipements publics municipaux.

L’objectif est de créer les conditions d’une véritable alternative à l’usage de l’automobile à l’intérieur des limites de la ville, tant pour les mobilités domicile-travail, scolaires, et loisirs.

Nous vous demandons en tant que vice-président de S2S, que dans le cadre de Sud de Seine soit mise en place une étude d’impact et d’opportunité visant à l’optimisation ou au développement des systèmes existants principalement le réseau Clamibus et son interface avec les réseaux existants.

M Kaltenbach j’attends des engagements du vice président de cet établissement public de lancer une telle étude indispensable pour améliorer la qualité de vie de milliers de clamartois.

Je réitère notre demande d’établir un débat pour l’avenir de notre agglomération et sur les compétences qu’il convient de lui confier comme l’a souligné Francis Pian… Ce point est majeur. Il s’inscrit d’ailleurs dans la réflexion sur le grand Paris qui, certes va être mise en débat dans les échéances électorales de mars, mais qui aujourd’hui se fait sans aucune transparence aboutissant à un projet pharaonique sans lien avec nos besoins.

Il faut aussi faire référence au projet de réforme des collectivités qui vise à, certes apporter plus de rationalité, mais aussi à plus contraindre et donc contrôler, sans compter l’éloignement des citoyens qu’elle génère. En particulier, laisser aux seules communes la clause de compétence générale c’est vraiment se moquer du monde quand on sait que les communes ont besoin des apports des autres collectivités pour mener à bien leur mission.

Nous sommes aussi en accord avec l’accroissement des moyens du CCAS. Nous avions d’ailleurs demandé à le prendre en compte dès l’année dernière et lors du débat d’orientation budgétaire. Les temps sont durs pour presque tout le monde mais ils le sont encore plus pour les plus fragiles. Ce ne sont pas les près de 500000 chômeurs de plus en un an qui le nieront.

Prendre son emploi, c’est inéluctablement faire face à des problèmes qui s’enchainent : électricité, téléphone, logement, lien familial…

C’est pourquoi j’avais proposé le gel des expulsions pour défaut de paiement au moins dans notre office public de l’habitat. Nous reviendrons un jour sur ce point.

L’accompagnement social est la clé de la cohésion sociale. Il est naturel qu’il s’exprime encore plus quand les temps sont durs.

Côté culture, nous constatons que les médiathèques patinent et que vous pensez à restructurer l’offre. La difficulté à faire venir certains publics est certaine, c’est pourquoi nous l’avions proposé mais nous le réaffirmons, l’avenir n’est pas à la mise en place de gros paquebots mais à construire une agilité de l’offre. C’est le livre et les contenus culturels qui doivent apprendre à aller vers certains publics et non l’effet « Totem » d’équipement coûteux à maintenir. Nous comprenons que vous tirez les conséquences des nouveaux modes de consommation, il en est temps.

Concernant le logement et l’urbanisme, nous rappelons notre opposition à l’opération Victor Hugo/Péri pour laquelle un projet d’aménagement urbain aurait été nécessaire pour donner une respiration et un rythme à notre ville. C’est cela aussi prendre en compte l’avenir

L’objectif de créer 100 logements par an doit aussi s’accommoder de celui d’améliorer le cadre de vie.

A cet égard le projet d’éco quartier est globalement en panne à la fois pour des raisons conjoncturelles que nous comprenons bien mais aussi pour des raisons structurelles. Le démarrage de l’opération du fort numérique à Issy-les-Moulineaux de l’autre côté de la voie ferré est inquiétant pour l’avenir du quartier gare. Il ne faudrait pas que l’attractivité du quartier du fort détourne celle du quartier gare à Clamart. La relance rapide de l’éco quartier est donc indispensable.

Enfin la refonte du site et son passage à la technologie 2.0 sont une opportunité pour repenser l’expression démocratique des groupes politiques, des comités de quartiers, des associations et plus largement des citoyens.

Au global, nous notons des progrès certains, dans ce budget 2010 mais des progrès fragiles.

En effet le point d’inquiétude reste la structure du budget de fonctionnement.

Vous n’augmentez pas la fiscalité et vous avez raison, nos concitoyens auraient du mal à comprendre son accroissement et surtout à y faire face.

Cette nécessité pour autant combinée au désengagement de l’Etat, met une pression particulière sur l’autofinancement.

Ce point est essentiel pour appréhender notre avenir. C’est pourquoi notre seule variable d’ajustement tient dans l’efficacité du service public et dans la gestion intelligente des opportunités de l’intercommunalité.

Nous pensons que sur ce point vous n’avez pas donné toutes les clés pour juger de la viabilité de vos choix dans le temps. Nous sommes conscients des difficultés pour y parvenir mais c’est parce qu’il y a des difficultés et de fragilité que nous réclamons plus d’anticipation et plus de transparence.

Globalement nous approuverons le budget d’investissement afin de vous encourager à poursuivre sa restructuration en faveur du développement durable avec une abstention sur la voirie.

Compte tenu de la modération fiscale, nous voterons les recettes de fonctionnements.

Côté dépenses de fonctionnement nous serons amené à nous abstenir pour les raisons que je viens d’exposer à l’exception des frais de personnel que nous voterons compte tenu de la meilleure prise en compte de leur avenir avec la mise en place de la démarche VAE.

Ce qui au global nous conduira à une abstention sur l’ensemble du budget. Cette abstention sera vigilante, lucide et attentive.

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2 réponses à “Le groupe MoDem s’est abstenu sur le budget de Clamart”

  1. bravo dit :

    bravo
    enfin le modem de clamart lache berger, vous avez bien raison, vous n’avez rien a faire avec ce personnage.
    et il est vrai que sur le fonds vous etes lus proche de la gauche.
    bravo pour votre positionnement.
    continuez

  2. RONCARI PATRICE dit :

    Bonjour Christian

    L’opposition, l’abstention ou le soutien au budget municipale qui définit l’action du maire et son équipe est un acte fort au sein du conseil municipale. C’est le moment et le lieu où se déterminent les forces qui soutiennent l’action du maire et ceux qui s’y opposent.

    Sur cette question budgétaire, tu as commencé ton propos par ce rappel : « …il faut aussi préparer l’avenir, c’est la marque de fabrique du MoDem … ». Il s’agissait dans ce propos de se préparer à la « séniorisation de la société, qui va petit à petit modifier les besoins et surtout en créer des nouveaux ».
    Soit. Mais pour autant que je sache, le maire de Clamart, militant et candidat socialiste à de nombreuses élections s’opposera à la prise de décisions courageuses concernant la réforme de nos régimes de retraite. Notre système de protection sociale a contribué à protéger les Français et donc les clamartois d’être moins atteints que d’autres par les effets négatifs de la crise mondiale. Depuis des années, ce système connaît un déficit qui le met en danger. Nous devons donc impérativement l’adapter pour ne pas risquer de le perdre. L’opposition systématique du parti socialiste à tout changement qui s’ajoute aux positions contradictoires de Martine Aubry rendra plus difficile cette réforme. Cette équipe municipale est plutôt mal partie pour préparer l’avenir…

    Concernant le personnel tu nous parles de vision plus qualitative que quantitative. L’essentiel des charges de fonctionnement comme l’a souligné l’opposition va dans les charges de personnel avec une part réduite d’année en année pour la réalisation du service public. Les couac qu’on vécu cet hiver les clamartois avec les intempéries prévisibles en cette période illustrent en partie cette situation.

    Comme tu l’as rappelé, je pense que le développement des transports collectifs est une priorité indispensable pour permettre aux clamartois de se déplacer. Alors que le tramway T6 était prévu pour 2012, il est aujourd’hui avéré que les délais ne seront pas respectés. Le maire par ailleurs Conseiller régional sortant a en charge ce dossier puisque la région intervient pour 50 % de son financement. Quelle est sa responsabilité dans cette affaire ? Aujourd’hui, qui peut dire à Clamart qu’il est transporté dans de bonnes conditions pour rejoindre les stations de métro à Issy les Moulineaux ou à Châtillon ? Avant de parler d’améliorations futures dans les transports, intéressons nous à ce que cette équipe a fait pour Clamart ces neuf dernières années. Le bilan n’a pas l’épaisseur d’une feuille de cigarettes. Pire, pour beaucoup de clamartois, il s’est dégradé.

    Tu fais aussi référence au projet de réforme des collectivités. Mais comment donner du crédit à ces opposants qui systématiquement brocardent toutes initiatives gouvernementales pour moderniser nos institutions. Cette réforme territoriale qui s’ajoute à la suppression de la taxe professionnelle a pour but de simplifier notre mille-feuille administratif pour plus de lisibilité démocratique (qui fait quoi) et plus d’efficacité. L’enchevêtrement des compétences entraîne à la fois un gaspillage et une inadéquation de l’utilisation des ressources. Ces deux réformes, indispensables, attendues et même réclamées, par tous depuis 25 ans, doivent être menées en cohérence l’une avec l’autre. Pourquoi le PS s’opposent avec tant de résistance aujourd’hui ? Et pourquoi ne l’a t’il pas fait lui-même lorsqu’il était aux affaires ?

    Concernant le logement et l’urbanisme, tu rappelles ton opposition à l’opération Victor Hugo/Péri. Mais il s’agit la d’éléments majeures dans la vie locale et qui engage Clamart pour du très long terme. Cet élément à lui seul suffit pour affirmer une opposition à ce budget et aux orientations définies par cette majorité municipale. Tu constates comme moi que l’ « éco-quartier » est en panne. Pour des raisons conjoncturelles nous dit le maire que tu reprends à ton compte. Il semble que la conjoncture ne met pas en panne les projets des villes voisines. Il y a peut être dans cette affaire, un manque de savoir faire….

    Tu termines ton propos par la fiscalité. Comment passer sous silence les hausses de taux imposés l’an dernier aux clamartois et cette pause dans la pression fiscale imposée par des considération électorale ? Clamart reste l’une des villes les plus imposée du département. Certes, c’est historique. Mais de ce point de vue, rien à changé.

    On attendait du changement en 2001 pour Clamart. Le changement ces neuf années reste limité à quelques opérations de prestiges qui ne font pas l’unanimité et à un certains isolement de la ville. S’abstenir sur un tel budget n’est peut être pas la voie la plus rapide pour insérer Clamart dans un Grand Paris attendu.

    Patrice Roncari

    http://www.lagauchemoderne-clamart.com

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